Fond Forestier National : Quand Honoré Mulumba veut clouer Félix Tshisekedi

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L’histoire politique récente de notre pays renseigne que plusieurs centaines de congolais ont perdu leurs vies rien que pour réclamer l’instauration, en République Démocratique du Congo, de l’État de droit et la bonne gouvernance.

L’arrivée du Président Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019 a constitué, pour les nombreuses familles de toutes ces victimes de l’oppression, un motif de soulagement et surtout un espoir de matérialisation effective de cette noble vision, sur laquelle feu Docteur Etienne a fondé sa lutte politique.

Quatre ans après sa prise des fonctions, le Chef de l’État Congolais peine à réaliser ce rêve, celui de faire du Congo indépendant un État de droit et moderne, où la loi régente tous les domaines de la vie nationale.

Aussi inexplicable que cela parait, des personnes qui servent des collaborateurs au Président Félix Tshisekedi semblent ne pas l’aider à y parvenir, au motif qu’elles sont les premières à torpiller ses efforts en faveur de l’avènement d’un État de droit et de la bonne gouvernance.

C’est le cas d’un proche parent du Chef de l’État (selon ses dires) à qui la nation a confié la gestion du Fonds Forestier National (FFN). Il s’agit du Directeur général Honoré Mulumba qui, sans gêne ni aucun respect envers l’autorité suprême du pays, a installé un système de prédation au sein du Fonds Forestier National, lequel système lui permet de mettre à sac les caisses de cet Établissement public et de s’enrichir, lui et sa clique, de façon illicite.

Ce qui choque les bonnes consciences et les vrais Tshisekedistes au sein même du Parti présidentiel, c’est le fait que Mulumba opère à ciel ouvert sans que cela ne puisse offusquer outre mesure les

autorités hiérarchiques au niveau du gouvernement et du ministère de tutelle. Complicité ou régime d’impunité lui appliqué ? D’aucuns ne savent.

Pourtant, toutes les autorités sont au courant de la prédation des deniers publics alloués au FFN, y compris sa gestion calamiteuse des ressources humaines à sa disposition.

Pour rappel, depuis mars 2021, un groupe de hauts cadres du FFN avait déjà sonné l’alerte sur la megestion du Fonds, dans une note adressée au DG Mulumba avec copie pour information au VPM de l’Environnement et Développement Durable, à l’Inspecteur Général des Finances chef de service, au PCA et au DGA du FFN, ainsi qu’au Bureau de l’Intersyndicale UNTC-CDT.

Dans cette note du 18 mai 2021 dont le contenu a fait l’objet de rappel le 10 mars 2022 auprès du Directeur général, les auteurs accusent leur patron, primo, de mauvaise gestion caractérisée par :

– La non tenue régulière des réunions réglementaires, en violation de l’article 8 du règlement intérieur du FFN;

– Les recrutements inopportuns et affectations aléatoires du personnel, en violation de l’article 7 du statut du personnel du FFN;

– L’organisation des missions et des travaux internes sans termes de

référence ;

– La faible appropriation

de l’initiative présidentielle « Jardins scolaires pour un milliard d’arbres à l’horizon 2023;

– L’annonce d’une mise en place générale avant la détermination du cadre organique de référence.

Secundo, ils reprochent au DG Mulumba sa mauvaise gestion des ressources humaines par l’instauration d’un régime inique basé sur des inégalités de traitement, du reste susceptible de troubler la paix sociale.

Lorsque nous sommes tombés sur cette note, notre travail de journaliste nous a poussé à vérifier les faits, les analyser avant de les rendre publics. C’est ce que nous faisons, au motif que les choses que nous avons découvertes dépassent tout entendement. Nous ne pouvions imaginer une gestion aussi égoïste et prédatrice de la part d’un mandataire public sous le règne de Félix Tshisekedi.

Existence des recrutements inopportuns

En effet, l’arrivée du Pasteur Mulumba à la tête du FFN coïncide avec l’accentuation de la problématique des effectifs pléthoriques, au point que cette situation est devenue plus complexe que par le passé.

Ce DG, non seulement il s’est permis d’engager copains et copines, membres de familles et fidèles de son

église, mais aussi et surtout de recruter des personnes sans qualification et ce, au mépris du statut du personnel qui prévoit, en son article 7, que « tout recrutement doit avoir pour objet de pourvoir à la vacance d’un emploi permanent auquel il ne peut être pourvu soit par affectation, soit par mutation, soit par promotion du personnel de service. Comme tout mandataire public « médiocre » qui se respecte, il a passé outre les textes régissant le Fonds. Conséquence de ce recrutement sauvage, le secrétariat du DG a presque quintuplé son effectif, pendant que le cadre organique n’a pas évolué d’un Iota.

Au lendemain de sa nomination, tout le monde était content du changement au niveau du comité de gestion et attendait de cet homme sorti de l’école Tshisekediste de l’orthodoxie dans la gouvernance. Ce qui devait lui permettre de faire la différence avec ses prédécesseurs pour résoudre cette problématique des effectifs pléthoriques. Malheureusement, c’est la personne sur qui le personnel attendait pour donner la solution idoine qui aura réussi l’exploit d’envenimer la situation, suite à son comportement clientéliste indigne d’un manager moderne. Dommage.

Un régime à double vitesse dans le traitement des agents et cadres

Au sujet des inégalités de traitement, il faut dire qu’il s’agit ni moins ni plus d’une volonté clairement affichée pour détruire l’image du vrai socialiste qui colle à la peau le Chef de l’État.

Au FFN de Mulumba, la secrétaire particulière du DG par exemple perçoit une prime mensuelle 2 millions de Francs Congolais, au moment où le directeur touche 600.000 francs congolais. Pire, tous les

mandataires du FFN, c’est- à-dire les membres du Conseil d’Administration et du comité de gestion, leurs membres des cabinets respectifs sont payés soit en dollars américains, soit en Francs congolais au taux de 2.000 FC le dollar.

Tandis que le reste du personnel, agents et cadres qui ne sont pas proches du Directeur général, prennent leurs salaires fixés en dollars mais versés en Francs congolais au taux de 1.600 FC. Comme l’on peut le constater et nous l’avons constaté, les agents et cadres du FFN ne sont plus logés à la même enseigne salariale depuis l’avènement de M. Honoré Mulumba aux commandes. Il a créé une classe de quelques agents privilégiés au détriment des autres. Et dire que telle pratique, tel traitement injuste, inhumain et ségrégationniste se passe en République Démocratique du Congo sous le régime du fils du Sphinx de Limete, au nez et sous la barbe de la Vice Premier Ministre Eve Bazaiba, une ancienne combattante, on croirait rêver.

Concernant l’octroi des avantages sociaux, c’est la même politique d’apartheid. Ici aussi, il a instauré un système qui privilégie ses protégés en leur accordant régulièrement des primes supplémentaires et autres avantages, tandis que pour la deuxième catégorie composée des damnés de la terre, leurs avantages sont gelés, sous prétexte que les caisses sont vides.

Cette injustice a provoqué des frustrations, entamé le moral dû et installé un climat délétère au sein du Fonds.

Prédation avérée sur les finances du FFN

 

Sur le plan des finances, ce mandataire peu commode est parvenu à concocter des mécanismes opaques et maffieux qui lui permettent facilement de piller systématiquement les fonds alloués au FFN.

Cet homme use de la surfacturation et des marchés de gré à gré, pratique la retro-commission et l’opération retour, parfois la corruption, pour garnir ses propres comptes bancaires.

Concernant la surfacturation, nous sommes tombés sur ce dossier de reboisement de 20 hectares, alors qu’il ne s’agissait que 2.6 ha qui ont été effectivement plantés pour un coût exorbitant de 36.000 USD. Dans le même registre, le DG s’est tapé 18.000 USD sous prétexte de reboiser 18 hectares. Pourtant, tout le monde sait pertinemment bien que les travaux des pépinières ne peuvent en aucun cas demander mille dollars américains par hectare. Tous les experts nous l’ont confirmé aussi.

Ce qui est troublant dans ce dossier de 18ha, c’est le fait que l’argent ait été retiré par un individu étranger au FFN qui, selon monsieur le DG, allait exécuter le travail. Mais depuis, plus rien, aucun rapport attestant la matérialisation du projet. D’autres dossiers de ce genre se sont multipliés, sans résultats probants au finish. En réalité, il s’est agi des opérations retour. C’est le cas également du fameux dossier qui nous a été rapporté en dernière minute, relatif à un payement de 300.000 USD effectué par ce Directeur Général en faveur d’une société installée à Kisangani dans la province de la Tshopo, dénommée KATAKIS, soi- disant à titre de main d’œuvre pour un service imaginaire, en tout cas pas rendu au FFN.

Au chapitre de commission et retro- commission, nous pouvons également l’illustrer par deux dossiers. Le premier, c’est celui en rapport avec l’achat par le DG d’une Jeep Land cruiser de seconde main à 98.000 dollars américains.

Et ce, en violation de toutes les procédures légales en matière d’acquisition des véhicules de service par un mandataire public. Pas d’appel d’offres, rien du tout. Mais lorsque les experts du FFN ont produit l’estimation du coût réel de cette Jeep, ils ont trouvé que celle-ci ne pouvait pas coûter plus de 40.000 USD. Sur ce dossier, nos fins limiers ont découvert que les commissionnaires ayant profité de ce marché de gré à gré sont les membres du cabinet de Monsieur Mulumba.

Le DG et sa bande des commissionnaires ne se sont pas arrêtés là. Ayant goûté au miel, ils ont récidivé. Pour la seconde fois, le DG a sorti 200.000 dollars américains destinés à l’achat des véhicules à offrir aux autres mandataires et certains membres de leurs cabinets. Et ce, sans appel d’offres, sans préciser la quantité ni la marque des véhicules à acheter, encore moins le nom du concessionnaires. Pire, c’est plus tard, après avoir été en possession de cette bagatelle somme de 200.000 USD que le DG Mulumba verra la nécessité de prendre contact avec la Direction Générale de Contrôle de Marché Public (DGCMP) afin d’obtenir l’avis favorable de passation du marché de gré à gré.

Notre source indique que déjà, une partie de cet argent se serait volatilisée. Pour justifier cela, ses collaborateurs ont trouvé bon de faire venir des voitures vieilles de 15 ans, des véritables épaves alors.

La corruption à ciel ouvert

En ce qui concerne la corruption, celle-ci est pratiquée à ciel ouvert. Malheureusement, cette pratique fait perdre au pays beaucoup d’argent. À titre d’indication, nous avons sur cette antivaleur deux dossiers.

Le premier dossier a trait au manque à gagner important dont a été victime le Fonds Forestier National de la part de PERENCO à cause de la cupidité du DG Mulumba.

En effet, en date du 11 décembre 2020, la DGRAD/ Kongo Central avait émis la notification des pénalités de recouvrement n°42/ DRSRE/RP/DGRAD/KC/ 2020 auprès de l’Assujetti société PERENCO-REP Sarl, qui devait payer au ministère de l’Environnement et Développement Durable une somme de 1.851.942.209, 80 FC, soit plus de 198 millions de dollars américains et au FFN 415.928.070 Francs Congolais au total de la taxe de déboisement.

Au lieu de cette somme, on ne sait par quel arrangement particulier avec cette société, le DG du FFN a dû accepter de percevoir 66 millions de francs congolais virés dans un compte bancaire non connu par le Fonds.

Sur la gestion calamiteuse du DG Mulumba, le rapport du Sénat est à ce sujet beaucoup plus explicite.

En effet, dans leurs contrôles dans les différentes Antennes Provinciales et la Direction Générale du FFN les sénateurs ont relevé des preuves de megestion dans le chef de ce mandataire qui crie haut être le protégé du Président de la République. Il lui est reproché d’être à la base des minorations de l’assiette taxable de plusieurs sociétés minières et agricoles dans les provinces de l’Ex Katanga et la Province de la Tshopo.

On lui reproche le détournement des recettes des pénalités versées par certaines sociétés ou avoir occasionné l’évasion des recettes des pénalités et amandes transactionnelles dues par certaines entreprises.

Cette commission de contrôle du Sénat a également constaté que le DG qui s’est fait décerné un prix de bonne gouvernance à 2 mois de son entrée en

fonction ne tient pas la comptabilité de l’établissement. L’équipe de contrôle n’a pas pu avoir les états financiers à jour depuis 2020 à ce jour, pratiquement toute la période qu’il est mandataire au FFN.

À la réception des observations lui adressées par les Honorables Sénateurs membres de la commission de contrôle, le tout puissant DG a immédiatement identifié les Provinces qui ont mis à la disposition des Honorables Sénateurs les éléments compromettants de sa gestion et son mode opératoire.

Il a retourné les griefs lui reprochés contre ces chefs d’antennes qui ont accepté de collaborer avec les contrôleurs, en les mettant sous actions disciplinaires de complaisance.

Contre toute attente et sans tenir compte du rapport de la commission de discipline, ces chefs d’antennes, dont celui de la Tshopo, du Lualaba, du Nord-Kivu Kivu et du Tanganyika ont été licenciés sans préavis pour les fautes qu’ils n’ont pas commises. Leur seul péché est celui d’avoir répondu honnêtement aux questions des Honorables Sénateurs.

Comme on peut le voir, Monsieur Honoré Mulumba n’est pas l’homme à garder à la tête du FFN, surtout pas au moment où la République Démocratique du Congo cherche à retrouver la place qui lui revient de droit au sein de la communauté des nations qui luttent contre le réchauffement climatique. Le FFN étant l’instrument du gouvernement pour la conservation des forêts tropicales de la RDC, il est inadmissible que l’autorité suprême du pays puisse abandonner entre les mains d’un prédateur cet Etablissement public comme c’est le cas présentement.

Car, l’homme qui le gère ce jour excelle dans la gabegie et par une gestion paroissiale du FFN. Savez-

vous que pour une tenue qu’il porte, il sort de la caisse du Fonds 1.800 dollars américains ? Et Dieu seul sait combien il en possède.

Pourtant, c’est une tenue qu’il ne devrait pas porter parce qu’il n’a jamais été assermenté en tant que OPJ. Un prédateur doublé d’usurpateur donc.

Pendant que madame la VPM tergiverse pour le mettre dehors après tant d’abus, le FFN se meurt et se transforme en une agence de voyage qui permet aux membres du Cabinet du Directeur Général de faire voyager des Ngulu. A l’occasion de la COP 26, sa Parsec et son Dircaba auraient fait voyager leurs enfants en lieu et place des experts du FFN. Des Ngulu, il y en a aussi à l’INPP où le DG a fait inscrire des personnes qui ne sont ni agents ni cadres du FFN.

On l’a su lors du dépôt de la liste pour la formation à l’INPP, il a trouvé qu’il y a avait déjà des agents fictifs bénéficiaires de la formation pour le compte de FFN. Des Ngulu enfin à l’Hôpital du Cinquantenaire où les amis et fidèles de l’Église du DG reçoivent des soins gratuits comme agents du FFN. Et la facture est réglée par le Fonds. Signalons que c’est au cinquantenaire où il a fait abonner par forcing les agents de cet Établissement, pour mieux accomplir sa prédation, en abandonnant les hôpitaux de la mutuelle de santé Lisanga qui compte plus de 20 structures sanitaires de renom dans la ville province de Kinshasa…

Nos efforts de rencontrer monsieur Honoré Mulumba, Directeur général du Fonds Forestier National pour avoir sa version des faits sont restés vains. Nous avons essayé de passer par sa secrétaire particulière, mais celle-ci a préféré nous envoyer promener.

Nous promettons d’autres publications sur la gestion du FFN par le Comité Mulumba.

Hémisphère.

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