Insécurité dans l’Est de la RDC : Kahindo Tshipasa durcit le ton

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Par Sarah Bukasa

 

 

La présidente de la Convention des Fédéralistes pour la Démocratie Chrétienne ( COFEDEC), Kahindo Tshipasa Filia dénonce le silence de la communauté internationale face aux massacres des populations Nande et de la province de l’Ituri.

Dans un discours prononcé ce mardi 12 juillet 2022, Madame Kahindo Tshipasa s’est inquiétée de constater que rien n’est, jusque-là, fait pour sanctionner les auteurs de ces crimes ou anticiper les faits sur terrain.

« Cette situation fait craindre le pire au point de s’aparenter à un génocide. Tout se passe comme si personne ne contrôle plus le Nord-Kivu, si ce n’est que les groupes armés ADF, Mai Mai, CODECO et le M23. Les actes de meurtres, viols, vols, exactions de tous genres se multiplient et s’intensifient. La présidente de la COFEDEC estime pourtant que plusieurs études sur cette question voire la resolution 2612 du conseil de securite de l’ONU font état des liens signalés entre des groupes armés opérants dans cette partie de la province avec des réseaux terroristes », a-t-elle indiqué.

Pour cette gardienne du Temple, la situation que connaît la République Démocratique du Congo aurait déjà fait appel à  » une solidarité internationale car le terrorisme est appelé à être combattu par tous », martèle la distinguée Kahindo Tshipasa sur un accent mélancolique mélangé à une volonté de changer le cours de l’histoire si elle en avait le pouvoir.

« Parmi les populations civiles victimes de ces atrocités, il est à compter aussi les opérateurs économiques qui ont décidé de suspendre les opérations d’importation et d’exportation via la frontière de Kasindi à cause de la persistance de l’insécurité », a-t-elle déploré.

Face à cette aggravation de la situation, les populations congolaises désertent leurs villages. Elles sont poussées sur la route si elles ne se cachent pas dans la forêt. La situation est pire qu’avant décembre 2013 tant certaines personnes dénoncent déjà cette politique criminelle « d’épuration ethnique ».

Comme pour dire qu’un génocide est en train d’être commis au Kivu au vu et au su des autorités nationales et internationales. Dans le même ordre d’idée, la COFEDEC à travers sa virevoltante présidente avait condamné la difficulté par le gouvernement congolais de lever des options susceptibles d’en finir une fois pour toutes avec ces cycles récurrents des violences armées et aussi l’incapacité du pouvoir anticiper les faits sur terrain.

Ayant parfaitement compris que la guerre de l’Est est une question beaucoup plus économique, Kahindo Tshipasa Filia exhorte le gouvernement congolais à « s’attaquer à l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC par différents réseaux mafieux nationaux qu’internationaux, à casser les bases économiques sur lesquelles sont assises les conflits, à démilitariser l’activité économique » et j’en passe et de meilleurs.

Depuis son entrée en fonction en 2019, Tshisekedi a tenté de s’attaquer aux dizaines de groupes présents dans la région en rétablissant les relations avec ses voisins, en s’appuyant sur la diplomatie régionale dans un premier temps, puis sur des initiatives bilatérales. Ses actions ont d’abord connu un certain succès, principalement en réunissant Kagame et Museveni dans un cadre quadripartite avec son homologue angolais João Lourenço. Mais ses efforts ont tourné court. Et le plus dure reste à faire.

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