Malaise à l’UOM/Kasaï Oriental : les frais des diplômes détournés depuis 2013

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Edo Bamu

 

Ça sent mauvais dans la gestion de l’ancien comité de gestion de l’Université Officielle de Mbujimayi (UOM), des révélations inquiétantes ayant caractérisé une gestion opaque par l’équipe sortante sont portées au grand jour.

En effet, selon une source fiable, depuis l’année académique 2013-2014, les anciens finalistes de cette grande Université de la ville diamantifère n’ont eu leurs diplômes, alors que les frais de ce précieux document qui sanctionnent la fin des études de deux cycles sont exigés avant même la défense.

Face à la colère de ces diplômés, le Professeur Apollinaire Cibaka Cikongo, prêtre catholique de son état, a fait une mise au point, se plaignant du modus operandi du comité de gestion sortant, avant de proposer des pistes de solutions, négociées.

Pour le recteur de l’UOM, au Kasaï-Oriental, les frais des diplômes (70$ par finaliste) payés par les étudiants des éditions allant de 2013-2014 jusqu’à  2019-2020 n’ont pas utilisé à des fins utiles. L’Abbé Apollinaire confirme que les étudiants ont effectivement payé leurs diplômes, mais l’ancien comité de gestion n’avait pas commandé, encore moins payé les frais aux différents services pour l’entérinement.

« Je suis recteur de l’Université officielle de Mbuji-Mayi depuis 8 mois. L’un des passifs que je dois gérer, ce sont des diplômes à devoir à des étudiants des promotions qui vont de 2013 à 2020. Ces étudiants-là, environ 5000, ont payé tous les frais exigés pour avoir leurs diplômes, mais ces frais n’ont pas été utilisés à cette fin-là. Ce qui fait qu’il n’y a ni diplômes commandés pour eux, ni frais payés aux différents services pour entérinement des diplômes. En termes de dollars, ce sont plusieurs centaines de milliers de dollars. Ils sont donc dans leurs droits », a expliqué Abbé Apollinaire Cibaka.

Pistes de solutions

Par ailleurs, le chef du nouveau comité, tout en s’inquiétant des dettes évaluées à des milliers des dollars américains hérités de ses prédécesseurs, propose deux solutions aux anciens étudiants.

 » Il y a deux solutions : la première et qui est tout à fait légitime. C’est que l’Université assume sa responsabilité et s’acquitte de cette dette-là. Seulement cette Université n’en a pas le moyen parce qu’en-dehors de ce passif-là, nous avons un autre : de plusieurs centaines des millions de dollars en termes de crédits bancaires qui n’ont pas servi non plus cette Université que nous sommes en train de payer en raison de 19. 000$ chaque mois. Donc le principal bailleur de cette Université étant l’étudiant, le fonds que les étudiants mettent à notre disposition ne nous permet pas facilement de faire face à cette grosse dette de 5000 diplômes à payer pour les étudiants », a-t-il souligné en substance.

Et le Recteur d’ajouter : » La deuxième solution est que les diplômés comprennent la situation et assument la part des frais qui peut nous permettre de leur donner leurs diplômes le plus rapidement possible. Ce serait donc 5 $ pour acheter le formulaire du diplôme et 25$ pour les différentes taxes en vue de l’entérinement ».

Pour rappel, le 23 décembre 202, un collectif d’anciens étudiants de l’Université officielle de Mbuji-Mayi avait saisi le recteur Cibaka pour réclamer leurs diplômes.

« Cette situation nous cause d’énormes préjudices d’autant plus que plusieurs d’entre nous ne savent pas valablement faire valoir leurs grades sur le marché de l’emploi, pourtant obtenus dans votre Université. Toutes les démarches entreprises se sont révélées vaines et les derniers échos en notre possession laissent croire que nos diplômes n’ont jamais été commandés et que l’argent que l’Université officielle de Mbuji-Mayi a été affectée à autre chose », avaient déclaré ces étudiants dans leur correspondance au Recteur de l’UOM et dont une copie a été envoyée au ministre de l’ESU.

Dans la foulée, l’ancien recteur de l’UOM, Alexis Mpoyi Mukala a attaqué pour la troisième fois en justice la décision du Ministre de l’ESU nommant un nouveau Comité de gestion à la tête de l’Université officielle de Mbuji-Mayi. Sa plainte a été déposée devant le Conseil d’État. Sa plainte a été déposée devant le Conseil d’État.

Mais pour le nouveau comité, les nominations du Ministre de l’ESU ont réparé une injustice imposée à un Professeur méritant en le promouvant au grade académique qui lui convenait.

« Nommer à la tête de l’Université officielle de Mbuji-Mayi un homme qui avait les qualités nécessaires pour aider cette Université à fonctionner dans un régime de gestion efficace et transparente », insiste la partie Défenderesse.

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