RDC en ruine: Voici les alternatives efficientes pour l’amener vers sa renaissance ( Chronique)

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Par : Dostin Eugène Luange, Journaliste, Essayiste et chercheur Philosophe

 

Lors de son récent séjour dans l’espace Grand Kasaï, précisément dans la province du Sankuru à Lodja, le Président Felix-Antoine Tshisekedi a signé le certificat de décès du pays qu’il dirige il y a de cela trois ans. « Le pays est ruiné et il n’y a rien à détruire’’, a-t-il laissé entendre par-devers d’habitants de la province chère à Patrice Emery Lumumba. Ces propos du garant de la nation démontrent la nécessité qu’il y a pour l’élite scientifique de cogiter une fois de plus sur la vie de cette nation « ruinée » afin de l’amener vers sa renaissance. C’est dans cette perceptive qu’intervient la rédaction de ce présent article scientifique.

En effet, Patrice Emery Lumumba, l’un des pères de l’indépendance de la RDC a dit un jour : ‘’ l’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, au Nord et au Sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité’’. Se référant de cet aphorisme, il y a nécessité de réaliser que la solution du Congo dégénérescent ne viendra guère de l’orient, ni de l’occident ; elle viendra certes du Congo et par les congolais eux-mêmes.

De manière coercitive, nous allons puiser les idées dans notre propre arène et éplucher les réflexions de certains dignes fils du pays qui ont cogité sur la renaissance de cette nation. Ces derniers sont légion, mais pour cette première phase, nous avons jeté les dévolus sur Pépin Guillaume Manjolo, Ka Mana et Guy Loando Mboyo. Dans l’entretemps, je sollicite l’indulgence des autres scientifiques qui ont également menés des réflexions allant dans ce sens, mais qui malheureusement ne vont pas se retrouver dans cet article.

I. Bref Aperçu sur les auteurs

-Pépin Guillaume Manjolo

Ancien ministre de la coopération internationale, de l’intégration régionale et de la francophonie dans le gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, P. Guillaume Manjolo appelé affectueusement ‘’PGM’, est un avocat Privatiste et spécialiste des droits humains aux facultés universitaires de Saint-Louis de Bruxelles en Belgique. Il est essayiste et philosophe politique. Ce dernier est auteur de plusieurs livres scientifiques dont le plus récent s’intitule « Mutumbu 99 ».

-Kâ Mana

Godefroid Mana Kangudie Tshibemba de son vrai nom, était écrivain, professeur et théologien congolais né le 03 novembre 1953 au Congo-Kinshasa et mort le 15 juillet 2021 dans la ville de Goma au Nord-Kivu. Il était considéré comme l’un des plus célèbres philosophes et théologiens. Ka Mana était également le directeur de l’université alternative à l’institut interculturel dans la région des Grands Lacs (Pole Institute, Goma, RD Congo). Dans son actif, il a laissé une avalanche de livres philosophiques.

-Guy Loando Mboyo

Juriste de formation issu de l’Université de Kinshasa, Guy Loando Mboyo est actuellement ministre de l’aménagement du territoire, avocat d’affaires, mandataires en mines et carrières. Il est également initiateur de la Fondation Widal, spécialisée dans les œuvres philanthropiques. Son récent ouvrage s’intitule ‘’le Congo d’après, nécessité d’un changement de cap post-covid-19’’.

II. Analyse épistémologique de la pensée de ces auteurs

Dans cette réflexion des intellectuels sur la ruine et la renaissance du Congo, nous allons nous servir de trois ouvrages écrits par les auteurs ci-haut cités. Le premier s’intitule ‘’Ma nation, de la dégénérescence et de sa renaissance’’, publié aux éditions Mabiki en 2007.

En sa qualité de philosophe qui a pour mission d’aider la nation à travers ses cogitations, P. Guillaume Manjolo estime qu’à ce jour, la communauté internationale soit insensible à la situation de la RDC, cela l’importe peu. En revanche, il pense qu’il lui soit reproché un jour au crépuscule de son existence de n’avoir rien entrepris pour permettre quelques prises de conscience à ses compatriotes afin d’opérer une démarche de rupture pour faire sortir la nation de sa dégénérescence.

Que propose-t-il ?

D’emblée, il s’inscrit en faux contre une cohorte d’intellectuels qui pensent que le problème du Congo serait ses ressources minérales qui se trouvent à l’Est du pays. Cette approche lui parait basse et lâche. Pour étayer son argumentaire, il démontre que, dès l’origine de la seconde République, la base était mauvaise, le fondement boueux n’a permis que d’enfanter un Ersatz d’État sans consistance et la complaisance avec laquelle on présentait le Congo d’Époque n’a fait que nous octroyer une vanité idiote, alors que la communauté internationale savait pertinemment que ce type de structure difforme n’était pas destiner à résister au moindre vent.

Alors PGM soutient que la renaissance du Congo requière une nouvelle race d’hommes dotés de science, imprégnés de l’histoire originelle, communiant avec l’âme congolaise et seuls susceptibles de façonner des nouvelles formes. Mais, ajoute-t-il, il faut que cette caste puisse être pilotée par un homme éclairé, nimbé par les certitudes ancestrales, un visionnaire tablant l’avenir, prêt à endurer toutes les controverses internes et externes et susceptible de transcender les tractations mercantiles des partis politiques.

En substance, tout au long de cette période charnière, il reviendra à cet homme éclairé, indique G. Manjolo d’apprendre et d’orienter ses compatriotes à réclamer leurs droits non pas en tant qu’hommes mais en tant que Congolais avant tout. Il faudra également qu’il déblaie sur son chemin les certitudes passionnelles, l’inculture érigée en mode de pensée et qu’il fasse admettre au peuple congolais que nous allons au-devant des privations etc.

Le second ouvrage s’intitule « le Congo d’après, nécessité d’un changement de cap post covid-19».

Ce livre publié aux éditions l’Harmattan en 2020 a été écrit bien sûr dans un contexte particulier marqué par la pandémie de coronavirus qui secoue le cosmos, mais les propositions qui s’y trouvent méritent d’être pratiquées au stade actuel pour la renaissance du Congo. Guy Loando Mboyo met le curseur sur l’impératif de la revalorisation de la recherche scientifique en RDC et la réinvention de l’économie congolaise.

De manière succincte, parlant de la revalorisation de la recherche scientifique, Guy Loando sous-entend la mise en place d’une politique de recherche et d’innovation, mais aussi la construction des infrastructures de recherche adéquates. S’agissant de la réinvention de l’économie, l’auteur explique qu’il faut la rendre moins dépendante des exportations des matières premières. L’autre corolaire est la bonne gouvernance, le pari de la jeunesse et la nécessité de mettre la santé au cœur des politiques.

L’ultime ouvrage est la réflexion de Kâ Mana sur la responsabilité des intellectuels dans la crise en RDC. Les idées de cet auteur et ceux de Pépin Guillaume Manjolo semblent être quasi-identiques. Ka Mana pense que la République démocratique du Congo est ruinée par la médiocrité de ses élites intellectuelles qui ont eu en charge la destinée politique, économique, culturelle et spirituelle de notre peuple depuis l’accession de notre peuple à l’indépendance. Cette élite, a-t-il expliqué, s’est complètement dévoyée et a été incapable de mener notre nation à une destinée à la hauteur de nos atouts du monde d’aujourd’hui. Il classe en trois points la trahison de nos intellectuels.

Primo : Nos intellectuels ont été fascinés par un mode de vie complétement extraverti, avec des rêves d’enrichissement et d’embourgeoisement qui les ont conduits à devenir des caniches au service des pouvoirs politiques aveugles et inconscients ;

Secundo : Nos intellectuels ont trahi la nation par leur incapacité à assumer les valeurs éthiques et spirituelles qui auraient pu permettre à notre nation de prendre la voie de la promotion humaine en profondeur et

Tertio : Nos élites congolaises ont trahi le pays par leur incapacité à s’organiser comme de vraies forces de résistance ou de nouvelles voies de résilience.

De ce fait, il propose aux intellectuels trois orientations qui sont notamment :

1. La nécessité d’une prise de conscience réelle de nos failles matérielles et humaines,

2. L’obligation de nous organiser comme intellectuels pour ne pas être à la merci des politiciens véreux et incompétents,

3. Et enfin, la promotion de l’éthique et de la spiritualité pour une nouvelle manière de vivre.

Ces auteurs espèrent que ces corolaires donneront une lueur d’espoir à un Congo émergent, prospère et magnifique à habiter.

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