RDC-ESU : Le Recteur de l’Université officielle de Mbuji-mayi démantèle un réseau de détournement des fonds et s’attire la colère de ses détracteurs

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Sarah Bukasa

 

 

Depuis quelques jours, le professeur Abbé Apollinaire Cibaka Cikongo est victime d’une vaste campagne de désinformation et dénigrement sur les réseaux sociaux, de la part des personnes mobilisées par un membre du comité de gestion, trempé dans un vaste réseau de détournement des fonds de l’université.

Ils se recrutent parmi les assistants chassés de l’université pour non qualification et désertion, les étudiants exclus pour fraude, violence et actes de pillages, ces personnes qui en veulent à tout prix au Recteur de l’université officielle de Mbujimayi. Le seul péché du recteur de l’UOM est d’avoir instauré un système de gestion orthodoxe des ressources de l’institution et pris des mesures courageuses pour améliorer, d’un côté, les conditions de vie des enseignants et des administratifs et de l’autre côté, la qualité des enseignements dispensés aux étudiants.

Des décisions qui ont permis notamment de réduire les tracasseries financières dont se plaignaient les étudiants de la part de certains Chefs de travaux et assistants. Citons, entre autres, l’octroi exclusif des enseignements aux seuls professeurs et l’institution de la bourse Docteur Étienne Tshisekedi wa Mulumba pour appuyer la formation des doctorants et docteurs.

Mais comme à chaque changement, la résistance s’est très rapidement constituée dans le chef de ceux qui profitaient du désordre pour s’en mettre plein les poches. Malheureusement pour l’université, c’est au sein même de son comité de gestion que l’abbé Recteur a rencontré la première opposition.

Faiblesses de l’administration du budget

Nommé en juin 2022, comme le reste des membres du comité de gestion, l’administrateur de budget s’est montré incapable de répondre aux obligations élémentaires dévolues à son secteur. Notre enquête révèle que le chef de travaux Fidèle Nyandu n’a jamais élaboré le budget pour l’institution, c’est un autre membre du comité de gestion qui s’en occupe. Pire encore, il n’a jamais produit un seul rapport d’exercice. Au milieu du mois d’août, pour la énième fois, le recteur lui a rappelé, dans une lettre consultée par nos enquêteurs, qu’il n’a jamais déposé le rapport financier de l’exercice 2021-2022 et du premier trimestre de l’année en cours.

Bien au-delà, l’administrateur de budget s’est montré incapable d’établir une comptabilité claire des sommes versées en banque par chaque étudiant. À la place de bénéficier de l’efficacité et la fiabilité du système bancaire, l’université se voit obligée d’organiser un contrôle manuel des preuves de paiements. Ce qui a favorisé la création et le développement d’un autre réseau de fraude et de détournement des fonds de l’institution.

Les indices de détournement

Grâce aux dénonciations des étudiants, le comité de gestion a été alerté par l’existence d’un réseau d’émission des faux bordereaux de paiement des frais académiques. Des sources dignes de foi font état de la complicité de certains agents véreux des banques commerciales où l’université dispose des comptes. Les informaticiens de certaines bureautiques de Mbuji-mayi seraient également mis à contribution.

Dans l’une des banques commerciales de place, les mêmes sources, documents à l’appui, signalent 31 retraits de près de 100 000$ au guichet par l’administrateur du budget, avec sa seule signature, entre janvier et juin de l’année encore. Des opérations qui figurent bel et bien dans les livres de ladite banque mais qui ont miraculeusement disparu des extraits des comptes que le responsable des finances présentait à ses collègues membres du comité de gestion.

Un contrôle interne a démontré que l’intéressé faisait modifier les documents concernés par des informaticiens, avant leur soumission au comité de gestion. Visiblement déterminé à se faire, très rapidement, une santé financière, l’AB a même fait pire.

Avec la complicité des agents véreux d’une autre banque commerciale de la place, il a retiré de l’argent avec des chèques signés par lui seul et il a aussi réussi à détourner plusieurs dizaines de millions de francs congolais, sur des virements inter comptes, dûment autorisés pour par le recteur. L’argent s’est retrouvé, comme par miracle, sur les comptes de certains proches de l’administrateur de budget et a même été retiré. À cela, il faut ajouter des sommes amputées ou versées plusieurs jours après leur retrait, dans le ravitaillement des comptes de l’université.

Le retour de la quiétude, une nécessité

L’université est un haut lieu de science. Et pour y développer la science et produire des cadres utiles à la société, le calme et la sérénité doivent être garantis en permanence. Le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire qui vient de diligenter une enquête pour tirer les choses au clair est invité par la communauté universitaire à prendre des mesures qui s’imposent pour démonter complètement cette bande et amener les responsables de détournements à répondre de leurs actes.

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